La gazette de Seahaven

The Truman Show est un film américain réalisé par Peter Weir, sorti en 1998. Le film raconte la vie d’un homme, Truman Burbank, star d’une télé-réalité à son insu. Depuis sa naissance, son monde n’est qu’un gigantesque plateau de tournage et tous ceux qui l’entourent sont des acteurs. Lui seul ignore la réalité. Le film explore ses premiers doutes et sa quête pour découvrir la vérité.

Ce film est tout d’abord un exemple du traitement de l’individualisation post-moderne au cinéma en illustrant la fictionalisation de la réalité. En effet, le film est une critique presque futuriste, pour son époque, de l’actuelle télé-réalité. Il traite notamment des dangers de la télévision et de la télé-réalité et illustre la pensée d’Ehrenberg : la privatisation de la vie public et une publication de la vie privée. Cependant, The Truman Show ne se limite pas à un simple révélateur de la télé-réalité : il y a une véritable réflexion philosophique et politique sur le principe de réalité.

Dans un premier temps une réflexion philosophique avec la comparaison entre le film et le mythe de la caverne de Platon. Dans ce mythe, des hommes sont coincés depuis leur naissance dans une grotte où les ombres projetées sur les murs sont pour eux la réalité. Truman réagit de la même façon en prenant le monde dans lequel il a grandit depuis sa naissance pour la réalité.

Dans un second temps, The Truman Show est une réflexion politique avec ce qui peut se rapprocher de Deleuze et sa pensée sur les sociétés de contrôle. En effet, on peut voir une allusion au totalitarisme doux dans ce film : Truman est formaté, éduqué et socialisé par le show et ressemble inexorablement au modèle imposé.

De plus, The Truman Show expose une vision Francfortiste de la société. En effet, Seahaven est une ville dans laquelle « tout est beau, tout est rose » où le bonheur est maître et où la pauvreté n’existe pas (on peut voir une gène lors du retour du père de Truman qui est pauvre). On peut comparer ça au modèle occidental et surtout américain qui expose une image de « on est bien chez nous » d’une société capitaliste « parfaite ». Cette transposition des sociétés occidentales capitalistes et de leurs valeurs sont aussi visibles dans le repli sur soi de Truman. Ses phobies, le globe et l’agence de voyage ont pour but de décourager toute sortie du monde paradisiaque dans lequel il est censé vivre. Ceci peut être comparé à l’isolement des Américains accentué depuis le 11 septembre notamment. Une métaphore entre le film et la réalité peut être effectuée : même la « bulle » la plus sur-protégée ne peut échapper à l’incursion de la réalité.

Publicités

« L’amour est un oiseau rebelle … »

Dévoilé sur la toile la semaine dernière, le nouveau clip de Stromae a inondé dès sa sortie les fils d’actualités des réseaux sociaux. Dans son titre, l’artiste belge nous dévoile un parfait exemple de la société du spectacle développé par Guy Debord.

Violente critique du célèbre réseau social twitter, Stromae expose dans son titre les dangers de la surconsommation des médias sociaux à laquelle est confrontée notre société contemporaine. Bien plus que de simple parole, le titre de Stomae présente, d’un point de vue musical et visuel, une critique violente du petit oiseau bleu.

En effet, l’air de la chanson est un revisite tout a fait moderne du célèbre oiseau de l’Opéra Carmen, « L’amour est un oiseau rebelle ». L’amour n’est plus enfant de Bohème comme dans l’aria mais bien enfant de la consommation. La mise en garde reste présente avec la reprise de «prends garde à toi ». La symbolique reste la même : Stromae illustre la versatilité de l’amour par l’oiseau bleu de Twitter. Critique général des réseaux sociaux, « like » pour Facebook ou encore « Follow » pour Twitter, il met en garde contre l’hypocrisie qui peut se cacher derrière un sourire virtuel.

Bien plus qu’une société du spectacle, ce titre nous expose une société de séduction que l’on prend en apparence pour de l’amour. « N’ayant  jamais jamais connu de loi » pour Bizet, l’amour s’est vendu à la consommation pour n’obéir qu’à « l’offre et la demande pour unique et seule loi ».

Son dernier complet, bien plus alarmiste face à cette surconsommation de médias sociaux, est illustré par un retour à l’égalité face à cette médiatisation. Tout le monde est enclin à se faire « bouffer » par les réseaux sociaux. Comme en amour, il n’y a pas de maitre absolu en matière de socialisation. Personne n’est à l’abris de ces dangers où la masse est illustré par une multiplicité de petit oiseau bleu. On peut identifier des personnalité médiatique comme Barack Obama ou la reine d’Angleterre, symbole du « tous ». La dernière métaphore visuelle est certes violente mais claire : on se ferra tous « bouffer » et contrôler par les réseaux sociaux quitte à faire n’importe quel « merde » pour s’y conformer.

Carmen développe donc une comparaison critique entre nos relations amoureuses réelles et virtuelles en associant amour et réseaux sociaux à la consommation. Ce jeune artiste belge aura réussi à illustrer littéralement cette célèbre expression : l’amour est consommé.

Le jeu de la mort

Cet article est un retour sur l’article de « Je crois que l’on va trop loin » de passifagressif sur L’art de l’illusion

Ils est très juste de se questionner sur les limites de la télévision avec Sex Factor et le limite du présentable mais jusqu’où pourrait-elle aller ?

Dans cette société post-industrielle le divertissement télévisuel se base sur l’humiliation, la violence et la cruauté. La télévision fabrique des programmes toujours plus extrêmes. En France la télévision engage des séducteurs pour tester les couples avec l’ile de la tentation. Au Japon, des jeux télévisés mettent en scène la torture des candidats. En Angleterre, le célèbre animateur Deren Brown joue sa vie sur Channel 4 en pariant sur l’emplacement de la balle du pistolet pointé sur sa tête. Mais jusqu’où la télévision pourrait-elle aller ? A quand la mise à mort en direct? Jusqu’où le pouvoir de la télévision influencerait-il le monde ? Son pouvoir est-il sans limite?

Foucault et Deleuze se sont déjà questionnés sur les sociétés de contrôle et le pouvoir que pouvait avoir les médias sur la société. La force est de constater que la télévision est aujourd’hui un système à ce point puissant, que son emprise sur la plupart des individus dépasse celle d’autres systèmes d’emprises comme par exemple l’emprise que peut avoir la religion dans leur société médiatique.

Pour mesurer ce pouvoir, un chercheur français Jean-Léon Beauvois, à adapter l’expérience de Milgram à la télévision en créant le jeu de l’extrême en 2009 à Paris. (documentaire 2009: France 2 : Le jeu de la mort). Exposée, par exemple, dans I comme Icare d’Henri Verneuil, l’expérience de Milgram, avait pour but de mesurer le pouvoir qu’une autorité détiens sur un individu.

A la fin de cette expérience, réalisée à Yale dans les années 60, Milgram à annoncé que 62% des individus choisis ont été jusqu’à infliger des décharges mortelles malgré les hurlements de l’acteur.

Dans cette expérience adaptée, Beauvois et son équipe ont respecté tous les paramètres que Milgram avait défini 50 ans plus tôt avec pour seul ajout le public pour rendre la situation plus réaliste.

Dans ce documentaire, Jean Léon Beauvois explique pourquoi 81% des individus ont été jusqu’au bout du jeu. Il expose le choix que doit faire l’individu en son fort intérieur. Ce choix de remettre l’autorité en question auquel ils font face (ici la présentatrice).

Tout comme dans l’expérience de Milgram, l’individu rentre dans un état agentique. C’est à dire que la personne, insérée dans un système différent de son quotidien où une personne dominante demande de faire quelque chose, se sent obligé de répondre positivement à la demande de l’autorité qui lui semble légitime. L’individu, sorti de son quotidien (travail, famille …), se retrouve seul face à une autorité : la télévision. Placé dans un environnement impressionnant, pesant (caméra, techniciens, éclairage …) et confronté à la pression télévisuelle où l’image d’eux-même  face à la société rentre en jeu, l’individu expérimenté devient un être obéissant, un agent d’exécution. 

La confrontation avec l’autorité est difficile malgré l’absence de répression. En effet, on donne à l’individu des injonctions sous l’emprise d’un système qui l’écrase.

« L’impact de l’emprise télévisuelle c’est forgée sur 50 ans de propagation d’un modèle de comportement répondu tous les jours dans chaque foyer. Ce message a muté depuis l’arrivée de la télé-réalité. Pour gagner, les télécommercials nous montrent qu’il est normal d’humilier, d’éliminer, et d’être sadique. C’est ça qui rend possible les résultats de la zone extrême car ce modèle de comportement est autrement plus intégré que celui que les entreprises nous imposent (…) regarder la télé est devenue la deuxième activité de tous les français après le sommeil. C’est donc bien elle qui impose ses valeurs, diffuse ses modèles au point d’être devenue une autorité totalement légitime, au point de nous faire faire ce qu’elle veut. C’est ce qui explique que 30% des obéissants n’ont à aucun moment tenté de contester les ordres. » (…)

Quand le choix devient insupportable, certains candidats se mettent à dévier de leur chemin pour réfuter l’autorité (la triche). 15% vont même jusqu’à dire (après coup) qu’ils n’y ont pas cru car la télévision ne peut pas mettre en scène la mort d’un individu, c’est immoral, c’est un spectacle dans un théâtre. Ils ont choisi de croire en l’autorité. Mais cette confiance peut-elle être totale ?

Jean-Léon Beauvois conclut son documentaire en affirmant que le pouvoir « qu’a acquis la télévision est quand même relativement terrifiant. Avant il y avait la masse des fidèles, il y a eu la masse des travailleurs, il y a eu la masse des soldats et là il y a une masse, cette masse d’individus télé-visualisés parce qu’ils ont été fabriqués à la même enseigne, ils ont été fabriqués par les mêmes pubs, ils ont été fabriqués par les mêmes séries et ils ont mêmes été fabriqués par les même jeux, par les mêmes talk shows. Et cette masse est une masse gérée au niveau des pensée, au niveau des attitudes, au niveau des comportements. Et bien j’appelle ça un totalitarisme. Il est tranquille car on ne tape par sur les gens et on ne les met pas en prison, voilà. »

Un effet de déjà vu …

Souvent critiqué ou parodié, le cliché est présent dans la vie quotidienne, dans les arts et particulièrement au cinéma. C’est souvent une image, une situation particulière qui déclenche une réaction immédiate chez le spectateur, en opposition à l’analyse habituelle que l’on effectue lorsque l’image n’est pas composée de cliché. C’est une situation récurrente, toute faite, un stéréotype ou des règles définissant un genre cinématographique comme les codes du western ou de la science fiction. Le spectateur est conditionné pour régir d’une certaine façon mais il peut néanmoins choisir de se faire convaincre ou non par les clichés montrer à l’écran.

D’un point de vue commercial, un cliché peut être vu comme ceci: 

schéma

Pour certain un signe de paresse, le cliché a aussi ces avantages. Il est efficace car il est bien souvent universel, immédiat, spontané et rejoint un grand nombres de gens.

Essayer de sortir du cliché est bien souvent difficile car ils sont omniprésents et ancrés dans notre inconscient. De plus, les spectateurs crient bien souvent haut et fort leur contestation contre le cliché mais ils sont parfois bien plus réticents au changement qu’ils ne le pensent. Aujourd’hui on peut noter une opposition entre le cinéma Hollywoodiens, dit classique, grand amateur de clichés et le cinéma plus indépendant moderne qui tente de sortir des clichés afin de créer une image d’art perturbant le spectateur en troublant ses habitudes.

De plus, depuis quelques années, on note un tentative de parodie du cliché. Une question alors se pose : « Peut-on réellement supprimer un cliché en le parodiant ? Certes parodier un cliché ne le tue pas mais il est possible de le dénoncer en le parodiant. Le cliché perd alors de sa force.

Le cliché est un fait présent et conséquent au cinéma, mais mieux faut-il encore en rire que le laisser nous envahir.

Cette vidéo du Studio Bagel est un exemple de la parodie du cliché.

L’individualisme postmoderne

En classe, nous avons discuté du passage d’une société moderne vers une société post-moderne évoqué par Lipovetsky. Il nous expose une société actuelle où la sphère publique tend à devenir privée et où la consommation omniprésente crée « l’ère du vide ».

Dans cette société post-moderne, les valeurs sont centrées sur la liberté de l’individu, le respect de la personne humaine. On a le besoin de donner du sens à ses actions, se sentir utile au sein de la société. Pour Lipovetsky, on a une mise en pratique du principe d’autonomie dans des appartenances de groupe. On arrive à une nouvelle forme d’individualisme : le narcissisme. Elle entraîne une nouvelle valeur morale qui est l’épanouissement individuel dont le moyen d’y parvenir est la consommation. Ce passage dans une société hédoniste entraîne :  « la légitimation de l’expression de soi, au droit à l’individu à se gouverner lui-même, à vivre pour lui-même ». On veut plaire et se plaire.

Activité centrale de la post-modernité, la consommation est le moyen de contact entre les individus mais aussi le moyen de les différencier. Les produits de consommations se basent aujourd’hui sur l’hédonisme, principalement illusoire, où le plaisir absolue recherché et désiré entraîne une consommation sans fin de la nouveauté.

« L’effet Frozen »

Ce billet de blogue est un retour sur L’effet « Frozen » publié la semaine dernière sur La saveur du café noirCet article traite d’un reportage diffusé récemment par la chaîne Fox sur le film d’animation Frozen. Cette chaîne, déjà connue pour son exubérance dans ses propos, accuse cette fois ci le film Frozen de rabaisser la masculinité des garçons de part l’émancipation des jeunes femmes.

Dans ce billet, la personne affirme : « Personnellement, je n’ai pas vu Frozen, et je ne verrais probablement jamais ce film, mais c’est normal puisqu’il n’a pas été créé à l’intention de mon type de public. On ne peut pas blâmer les films pour jeunes filles de vouloir valoriser l’importance des jeunes filles, comme on ne peut pas blâmer les films pour jeunes garçons de vouloir valoriser les jeunes garçons. »

Dans un premier temps, juger et catégoriser un film que l’on a pas vu est, selon moi, le meilleur moyen de tomber dans une opinion parfait de préjugés. Tout d’abord, Frozen est un film d’animation Hollywoodien produit par Disney. Il est donc attendu que le film relate les valeurs bien définis par la société capitaliste actuelle, à savoir : la bourgeoisie, le phallocentrisme, l’hétérosexualité ou encore la monogamie. C’est un film inspiré d’un conte de Hans Christian Andersen (1844). Le conte est un écrit littéraire qui sert notamment à édifier le lecteur (et ici le spectateur). Frozen est donc certes destiné, à la base, à un public jeune afin de lui inculquer certaines valeurs de la société capitaliste, mais il ne s’adresse pas uniquement à eux et encore moins aux jeunes filles uniquement. Personnellement, cette vision qu’expose ce billet est une vision complètement genrée, initiée par les valeurs de la société capitaliste actuelle. Cette vision est visible partout et inculquée tellement profond dans les moeurs qu’elle en devient presque une référence. Par exemple, le bleu pour les garçons et le rose pour les filles ou bien encore le camion pour le petit garçon et la poupée pour la petite fille. Pourquoi le petit garçon n’aurait pas le droit d’emmener la poupée dans le camion ? Ainsi, pourquoi Frozen serait-il seulement destiné à un jeune public féminin ?

Ensuite, un deuxième point me dérange dans cet article lorsque Shrek est évoqué comme exemple : « Les thèmes exploités dans ce film me rappellent étrangement un autre film d’animation, Shrek. Dans ce film, le personnage est un homme qui a tout les défauts du monde. Il est dégoûtant, insalubre, il vit dans sa propre crasse, il est méchant avec tout le monde, il est impatient, etc. Qui plus est, la quasi-totalité des événements malheureux qui lui arrive dans ses films sont causés directement par lui, son égoïsme étant la cause principale. Pourtant, a-t-on entendu parlé d’un « effet Shrek » qui serait la cause d’une perte de confiance en eux de nos jeunes garçons? Non, pas du tout. »

Je ne comprend pas bien l’utilisation de cet exemple dans ce billet. En effet, Shrek est bien connu pour être une satire des contes de fées traditionnels produits par Disney. On y démystifie les clichées du prince charmant en allant à l’encontre des valeurs capitalistes dictées par la société. Pourquoi aurait-on une perte de confiance en eux chez les jeunes garçon puisque qu’au contraire, Shrek propose une humanisation du héros, cassant la contrainte selon laquelle il faut être comme la société nous dicte d’être.

Enfin, les films d’animation ont pour but premier de divertir les enfants mais pas seulement. Le discours évoqué dans certains d’entre eux (et notamment dans Shrek) peuvent intéresser les petits comme les grands.

Les propos tenu dans ce billet de blogue relate ma pensée personnelle et ne juge en rien l’avis ou l’opinion du détenteur de La saveur du café noir.

The Bling Ring : miroir d’une société dictée par le Star système

Film d’ouverture au festival de Cannes en 2013, The Bling Ring réalisé par Sofia Coppola relate l’histoire d’un groupe d’adolescent réunis pour cambrioler des maisons de stars hollywoodiennes. Inspiré de faits réels, le film expose des jeunes prêts à tout pour réaliser leur rêve : devenir des stars en volant leurs parures (bijoux, vêtements, sacs …)

Le star système, présent aujourd’hui dans les sociétés occidentales, est le sujet principal du film. Il expose une société (ici américaine) dirigé par le spectacle où toute l’activité sociale (réseau sociaux, télévision, journaux …) joue un rôle dans son élaboration. Dans le film par exemple, les médias s’empresse de sur-médiatiser l’affaire en plaçant sur un même piédestal les jeunes voleurs et leurs victimes : les stars. On peut aussi évoquer les 800 demandes d’amis que Marc a reçu sur Facebook pour avoir été arrêté. Il les a toutes accepté sans regarder qui lui avait envoyé ces invitations.

Dicté par le spectacle, les adolescent recherchent un certain statut social et une certaine évasion dans la consommation exubérante dont font preuve les stars d’aujourd’hui. Elles consomment en quelque sorte pour nous par procuration. A travers ces vols, les protagonistes pensent combler tous ce qui leur manques en tant qu’être incomplet qu’on pense tous retrouver dans le spectacle et plus particulièrement dans la célébrité. Marc illustre bien cette pensée lorsqu’il avoue avoir effectué ces vols car il essayait de changer sa vision de lui même qui était : « je ne me suis jamais vu comme quelqu’un qui aurait la classe … j’avais toujours ce complexe, je trouvais toujours que les autres étaient plus beau. »

Le film émet sa propre critique sur cette société de consommation spectaculaire en exposant les Etats-Unis comme une société au culte de star, adulatrice de n’importe qui ou n’importe quoi afin de sortir de leur banalité quotidienne. « Ça montre bien que les Etats-Unis ont une fascination perverse pour les Bonny & Clyde »

On peut donc affirmer que The Bling Ring illustre parfaitement la société de consommation dont nous parle Jean Baudrillard mais aussi de la société du spectacle évoqué par Guy Debord.

Recette médiatique : la standardisation de la culture

Adorno & Horkheimer, philosophes et théoriciens de l’école de Francfort, exposent un des points majeurs de ce courant de pensée : la standardisation de la culture. En effet, ils dénoncent une industrialisation de la production culturelle et une introduction d’une idéologie des classes dominantes, donnant le pouvoir à une minorité privilégié (Chomsky). Ceci créant une réalité imaginaire, le spectateur s’éloigne des conditions du réel : c’est la déréalisation. De part cette production culturelle en série, les oeuvres perdent toutes spécificités, particularités et tendent vers une certaine normalité. Se dégage ainsi donc un certain pouvoir de la norme soutenue par Michel Foucault pour qui « le conformisme nous asservit de manière toujours plus étendue et douce » où « la norme devient le partage des individus ».

Cette normalité peut être par exemple discernable dans le cinéma hollywoodiens où les scénarios des films sont toujours basés sur 15 événements pivots indispensables à l’histoire selon Snyder (l’exposition du thème entre la cinquième et la septième minute, une pause dans l’action entre la 25e et la 30e minute …)  De part ce principe, le cinéma Hollywoodien peut être comparé à un gâteau au chocolat : il existe de nombreuses variantes dans les recettes mais au final, le goût sera toujours le même, celui d’un gâteau au chocolat.

Malgré ce fait évident, il faut cependant nuancer. En effet, la culture de masse ne tend pas forcément aujourd’hui vers une culture unidimensionnelle de domination,de pouvoir mais vers une dynamique conflictuelle dans les rapports sociaux.

Man of Steel dans la course du « divertissement maketing »

Cette semaine, j’ai décidé de vous parler de Man of Steel, un film de Zack Snyder sorti en 2013. Pour en faire un cours résumé, le film raconte l’histoire de superman : un garçon doté de pouvoirs extraordinaires, né sur une autre planète. Une fois adulte, il part découvrir d’où il vient et pourquoi il a été envoyé sur Terre tout en s’apprêtant à sauver le monde. Nous n’allons pas débattre ici de l’histoire même, mais de son contenu marketing.

En effet, le film recense ou associe son image à plus de 100 marques différentes récoltant ainsi plus de 160 millions de dollars, soit la moitié de son budget investi, avant même sa sortie sur les grands écrans. Ce bilan n’est pas un cas isolé. Aujourd’hui, le placement de produits est devenu une habitude évidente autant pour les films que pour les marques. Qu’elles soient visuelles ou orales, intégrées au scénario ou sujet principal de l’histoire, les marques diffusent leurs produits à foison.

Avant tout un moyen financier pour les films, le placement de produits permet de créer un certain « réalisme imaginaire » dans l’histoire. Tout en recréant un contexte familier au spectateur, qui visualise le Mac Donald’s au coin de sa rue, les films financent généralement une bonne partie de leur oeuvre grâce à ces marques. Dans certains longs métrages très attendues, les marques sont prêtes à payer des fortunes pour y apparaître. Moyen très efficace pour les marques de se faire connaître, le cinéma offre un contexte « réaliste » afin de promouvoir une image de marque. Le spectateur, attentif pendant les quelques heures du film, est bien plus réceptif à cette « publicité » qu’il ne peut l’être lors d’un spot entre 2 émissions de télévision. De là, les marques y gagnent une certaine notoriété plus au moins efficace en fonction du succès et la notoriété même du film. En effet, dans E.T de Spielberg par exemple, l’apparition des bonbons Resse’s, mangés par les protagonistes, a entrainé une hausse de 65% de la consommation des produits Hershey’s suite au succès du film. Certaines marques ont cependant une telle notoriété déjà acquise,par exemple Apple, qu’elles n’ont plus besoin de payer pour apparaître dans des films. Ceux-ci ont pour objectif d’acquérir la notoriété créée par le produit alors que la marque elle même en retire une publicité gratuite et efficace.

On peut donc en conclure que le placement de produits est un moyen de financement pour les films et de publicité pour les marques. Echange de bons procédés, il crée un nouvelle mercatique : « le divertissement marketing ».

Journaux télévisés : du sensationnel, encore plus de sensationnel !

Avec l’apparition de la télévision, la presse a du faire fasse à un nouveau moyen de diffusion d’informations : les journaux télévisés. Aujourd’hui, toutes les chaînes de télévision ont leur propre journal relatant les informations importantes du moment. Ces journaux sont suivis par plus de 14 millions de téléspectateurs en France tous les soirs. Les effets positifs sont bien sur visible avec un meilleur accès à l’information qui est pratiquement aujourd’hui instantané mais aussi critiquable. En effet, les journaux télévisée, outre la fonction de diffusion de l’information, veulent montrer toujours plus de sensationnel. Le plus important pour les chaînes de télévision est d’avoir le plus de téléspectateurs possible, plus que les autres chaînes de télévision. Elles se démarquent donc par l’apport d’exclusivités toujours plus sensationnelle pour que le spectateur se souvienne de leur chaîne. Le problème avec cette méthode c’est que l’information en est dévalorisée notamment sur la véracité des propos tenus dans ces journaux.

Avec Charlie Hebdo, l’actualité médiatique est en ce moment très actif en France mais aussi dans le monde. Un ami français m’a récemment envoyé cette vidéo qui illustre selon moi parfaitement la volonté de faire toujours plus de sensationnel dans les médias et notamment ici les journaux télévisée. Cette vidéo est tirée d’un journal télévisé français « Le petit journal » (Canal +) qui critique un journal télévisé américain.

« No-go zones » selon Fox News – Le petit journal 14/01

Le plus inquiétant c’est que les personnes qui n’ont pour seul moyen d’informations que les journaux télévisés (par exemple ici Fox News) ont une vision déformée du monde et de la réalité. Certaines personnes auront néanmoins été vérifier l’information pour se rendre compte qu’elle n’était absolument pas vrai et peut crédible. C’est le point positif, les gens sont de plus en plus méfiant de ce qu’on leur raconte dans les médias et vont plus systématiquement vérifier les informations.