« L’effet Frozen »

Ce billet de blogue est un retour sur L’effet « Frozen » publié la semaine dernière sur La saveur du café noirCet article traite d’un reportage diffusé récemment par la chaîne Fox sur le film d’animation Frozen. Cette chaîne, déjà connue pour son exubérance dans ses propos, accuse cette fois ci le film Frozen de rabaisser la masculinité des garçons de part l’émancipation des jeunes femmes.

Dans ce billet, la personne affirme : « Personnellement, je n’ai pas vu Frozen, et je ne verrais probablement jamais ce film, mais c’est normal puisqu’il n’a pas été créé à l’intention de mon type de public. On ne peut pas blâmer les films pour jeunes filles de vouloir valoriser l’importance des jeunes filles, comme on ne peut pas blâmer les films pour jeunes garçons de vouloir valoriser les jeunes garçons. »

Dans un premier temps, juger et catégoriser un film que l’on a pas vu est, selon moi, le meilleur moyen de tomber dans une opinion parfait de préjugés. Tout d’abord, Frozen est un film d’animation Hollywoodien produit par Disney. Il est donc attendu que le film relate les valeurs bien définis par la société capitaliste actuelle, à savoir : la bourgeoisie, le phallocentrisme, l’hétérosexualité ou encore la monogamie. C’est un film inspiré d’un conte de Hans Christian Andersen (1844). Le conte est un écrit littéraire qui sert notamment à édifier le lecteur (et ici le spectateur). Frozen est donc certes destiné, à la base, à un public jeune afin de lui inculquer certaines valeurs de la société capitaliste, mais il ne s’adresse pas uniquement à eux et encore moins aux jeunes filles uniquement. Personnellement, cette vision qu’expose ce billet est une vision complètement genrée, initiée par les valeurs de la société capitaliste actuelle. Cette vision est visible partout et inculquée tellement profond dans les moeurs qu’elle en devient presque une référence. Par exemple, le bleu pour les garçons et le rose pour les filles ou bien encore le camion pour le petit garçon et la poupée pour la petite fille. Pourquoi le petit garçon n’aurait pas le droit d’emmener la poupée dans le camion ? Ainsi, pourquoi Frozen serait-il seulement destiné à un jeune public féminin ?

Ensuite, un deuxième point me dérange dans cet article lorsque Shrek est évoqué comme exemple : « Les thèmes exploités dans ce film me rappellent étrangement un autre film d’animation, Shrek. Dans ce film, le personnage est un homme qui a tout les défauts du monde. Il est dégoûtant, insalubre, il vit dans sa propre crasse, il est méchant avec tout le monde, il est impatient, etc. Qui plus est, la quasi-totalité des événements malheureux qui lui arrive dans ses films sont causés directement par lui, son égoïsme étant la cause principale. Pourtant, a-t-on entendu parlé d’un « effet Shrek » qui serait la cause d’une perte de confiance en eux de nos jeunes garçons? Non, pas du tout. »

Je ne comprend pas bien l’utilisation de cet exemple dans ce billet. En effet, Shrek est bien connu pour être une satire des contes de fées traditionnels produits par Disney. On y démystifie les clichées du prince charmant en allant à l’encontre des valeurs capitalistes dictées par la société. Pourquoi aurait-on une perte de confiance en eux chez les jeunes garçon puisque qu’au contraire, Shrek propose une humanisation du héros, cassant la contrainte selon laquelle il faut être comme la société nous dicte d’être.

Enfin, les films d’animation ont pour but premier de divertir les enfants mais pas seulement. Le discours évoqué dans certains d’entre eux (et notamment dans Shrek) peuvent intéresser les petits comme les grands.

Les propos tenu dans ce billet de blogue relate ma pensée personnelle et ne juge en rien l’avis ou l’opinion du détenteur de La saveur du café noir.

The Bling Ring : miroir d’une société dictée par le Star système

Film d’ouverture au festival de Cannes en 2013, The Bling Ring réalisé par Sofia Coppola relate l’histoire d’un groupe d’adolescent réunis pour cambrioler des maisons de stars hollywoodiennes. Inspiré de faits réels, le film expose des jeunes prêts à tout pour réaliser leur rêve : devenir des stars en volant leurs parures (bijoux, vêtements, sacs …)

Le star système, présent aujourd’hui dans les sociétés occidentales, est le sujet principal du film. Il expose une société (ici américaine) dirigé par le spectacle où toute l’activité sociale (réseau sociaux, télévision, journaux …) joue un rôle dans son élaboration. Dans le film par exemple, les médias s’empresse de sur-médiatiser l’affaire en plaçant sur un même piédestal les jeunes voleurs et leurs victimes : les stars. On peut aussi évoquer les 800 demandes d’amis que Marc a reçu sur Facebook pour avoir été arrêté. Il les a toutes accepté sans regarder qui lui avait envoyé ces invitations.

Dicté par le spectacle, les adolescent recherchent un certain statut social et une certaine évasion dans la consommation exubérante dont font preuve les stars d’aujourd’hui. Elles consomment en quelque sorte pour nous par procuration. A travers ces vols, les protagonistes pensent combler tous ce qui leur manques en tant qu’être incomplet qu’on pense tous retrouver dans le spectacle et plus particulièrement dans la célébrité. Marc illustre bien cette pensée lorsqu’il avoue avoir effectué ces vols car il essayait de changer sa vision de lui même qui était : « je ne me suis jamais vu comme quelqu’un qui aurait la classe … j’avais toujours ce complexe, je trouvais toujours que les autres étaient plus beau. »

Le film émet sa propre critique sur cette société de consommation spectaculaire en exposant les Etats-Unis comme une société au culte de star, adulatrice de n’importe qui ou n’importe quoi afin de sortir de leur banalité quotidienne. « Ça montre bien que les Etats-Unis ont une fascination perverse pour les Bonny & Clyde »

On peut donc affirmer que The Bling Ring illustre parfaitement la société de consommation dont nous parle Jean Baudrillard mais aussi de la société du spectacle évoqué par Guy Debord.

Recette médiatique : la standardisation de la culture

Adorno & Horkheimer, philosophes et théoriciens de l’école de Francfort, exposent un des points majeurs de ce courant de pensée : la standardisation de la culture. En effet, ils dénoncent une industrialisation de la production culturelle et une introduction d’une idéologie des classes dominantes, donnant le pouvoir à une minorité privilégié (Chomsky). Ceci créant une réalité imaginaire, le spectateur s’éloigne des conditions du réel : c’est la déréalisation. De part cette production culturelle en série, les oeuvres perdent toutes spécificités, particularités et tendent vers une certaine normalité. Se dégage ainsi donc un certain pouvoir de la norme soutenue par Michel Foucault pour qui « le conformisme nous asservit de manière toujours plus étendue et douce » où « la norme devient le partage des individus ».

Cette normalité peut être par exemple discernable dans le cinéma hollywoodiens où les scénarios des films sont toujours basés sur 15 événements pivots indispensables à l’histoire selon Snyder (l’exposition du thème entre la cinquième et la septième minute, une pause dans l’action entre la 25e et la 30e minute …)  De part ce principe, le cinéma Hollywoodien peut être comparé à un gâteau au chocolat : il existe de nombreuses variantes dans les recettes mais au final, le goût sera toujours le même, celui d’un gâteau au chocolat.

Malgré ce fait évident, il faut cependant nuancer. En effet, la culture de masse ne tend pas forcément aujourd’hui vers une culture unidimensionnelle de domination,de pouvoir mais vers une dynamique conflictuelle dans les rapports sociaux.