Le jeu de la mort

Cet article est un retour sur l’article de « Je crois que l’on va trop loin » de passifagressif sur L’art de l’illusion

Ils est très juste de se questionner sur les limites de la télévision avec Sex Factor et le limite du présentable mais jusqu’où pourrait-elle aller ?

Dans cette société post-industrielle le divertissement télévisuel se base sur l’humiliation, la violence et la cruauté. La télévision fabrique des programmes toujours plus extrêmes. En France la télévision engage des séducteurs pour tester les couples avec l’ile de la tentation. Au Japon, des jeux télévisés mettent en scène la torture des candidats. En Angleterre, le célèbre animateur Deren Brown joue sa vie sur Channel 4 en pariant sur l’emplacement de la balle du pistolet pointé sur sa tête. Mais jusqu’où la télévision pourrait-elle aller ? A quand la mise à mort en direct? Jusqu’où le pouvoir de la télévision influencerait-il le monde ? Son pouvoir est-il sans limite?

Foucault et Deleuze se sont déjà questionnés sur les sociétés de contrôle et le pouvoir que pouvait avoir les médias sur la société. La force est de constater que la télévision est aujourd’hui un système à ce point puissant, que son emprise sur la plupart des individus dépasse celle d’autres systèmes d’emprises comme par exemple l’emprise que peut avoir la religion dans leur société médiatique.

Pour mesurer ce pouvoir, un chercheur français Jean-Léon Beauvois, à adapter l’expérience de Milgram à la télévision en créant le jeu de l’extrême en 2009 à Paris. (documentaire 2009: France 2 : Le jeu de la mort). Exposée, par exemple, dans I comme Icare d’Henri Verneuil, l’expérience de Milgram, avait pour but de mesurer le pouvoir qu’une autorité détiens sur un individu.

A la fin de cette expérience, réalisée à Yale dans les années 60, Milgram à annoncé que 62% des individus choisis ont été jusqu’à infliger des décharges mortelles malgré les hurlements de l’acteur.

Dans cette expérience adaptée, Beauvois et son équipe ont respecté tous les paramètres que Milgram avait défini 50 ans plus tôt avec pour seul ajout le public pour rendre la situation plus réaliste.

Dans ce documentaire, Jean Léon Beauvois explique pourquoi 81% des individus ont été jusqu’au bout du jeu. Il expose le choix que doit faire l’individu en son fort intérieur. Ce choix de remettre l’autorité en question auquel ils font face (ici la présentatrice).

Tout comme dans l’expérience de Milgram, l’individu rentre dans un état agentique. C’est à dire que la personne, insérée dans un système différent de son quotidien où une personne dominante demande de faire quelque chose, se sent obligé de répondre positivement à la demande de l’autorité qui lui semble légitime. L’individu, sorti de son quotidien (travail, famille …), se retrouve seul face à une autorité : la télévision. Placé dans un environnement impressionnant, pesant (caméra, techniciens, éclairage …) et confronté à la pression télévisuelle où l’image d’eux-même  face à la société rentre en jeu, l’individu expérimenté devient un être obéissant, un agent d’exécution. 

La confrontation avec l’autorité est difficile malgré l’absence de répression. En effet, on donne à l’individu des injonctions sous l’emprise d’un système qui l’écrase.

« L’impact de l’emprise télévisuelle c’est forgée sur 50 ans de propagation d’un modèle de comportement répondu tous les jours dans chaque foyer. Ce message a muté depuis l’arrivée de la télé-réalité. Pour gagner, les télécommercials nous montrent qu’il est normal d’humilier, d’éliminer, et d’être sadique. C’est ça qui rend possible les résultats de la zone extrême car ce modèle de comportement est autrement plus intégré que celui que les entreprises nous imposent (…) regarder la télé est devenue la deuxième activité de tous les français après le sommeil. C’est donc bien elle qui impose ses valeurs, diffuse ses modèles au point d’être devenue une autorité totalement légitime, au point de nous faire faire ce qu’elle veut. C’est ce qui explique que 30% des obéissants n’ont à aucun moment tenté de contester les ordres. » (…)

Quand le choix devient insupportable, certains candidats se mettent à dévier de leur chemin pour réfuter l’autorité (la triche). 15% vont même jusqu’à dire (après coup) qu’ils n’y ont pas cru car la télévision ne peut pas mettre en scène la mort d’un individu, c’est immoral, c’est un spectacle dans un théâtre. Ils ont choisi de croire en l’autorité. Mais cette confiance peut-elle être totale ?

Jean-Léon Beauvois conclut son documentaire en affirmant que le pouvoir « qu’a acquis la télévision est quand même relativement terrifiant. Avant il y avait la masse des fidèles, il y a eu la masse des travailleurs, il y a eu la masse des soldats et là il y a une masse, cette masse d’individus télé-visualisés parce qu’ils ont été fabriqués à la même enseigne, ils ont été fabriqués par les mêmes pubs, ils ont été fabriqués par les mêmes séries et ils ont mêmes été fabriqués par les même jeux, par les mêmes talk shows. Et cette masse est une masse gérée au niveau des pensée, au niveau des attitudes, au niveau des comportements. Et bien j’appelle ça un totalitarisme. Il est tranquille car on ne tape par sur les gens et on ne les met pas en prison, voilà. »

Un effet de déjà vu …

Souvent critiqué ou parodié, le cliché est présent dans la vie quotidienne, dans les arts et particulièrement au cinéma. C’est souvent une image, une situation particulière qui déclenche une réaction immédiate chez le spectateur, en opposition à l’analyse habituelle que l’on effectue lorsque l’image n’est pas composée de cliché. C’est une situation récurrente, toute faite, un stéréotype ou des règles définissant un genre cinématographique comme les codes du western ou de la science fiction. Le spectateur est conditionné pour régir d’une certaine façon mais il peut néanmoins choisir de se faire convaincre ou non par les clichés montrer à l’écran.

D’un point de vue commercial, un cliché peut être vu comme ceci: 

schéma

Pour certain un signe de paresse, le cliché a aussi ces avantages. Il est efficace car il est bien souvent universel, immédiat, spontané et rejoint un grand nombres de gens.

Essayer de sortir du cliché est bien souvent difficile car ils sont omniprésents et ancrés dans notre inconscient. De plus, les spectateurs crient bien souvent haut et fort leur contestation contre le cliché mais ils sont parfois bien plus réticents au changement qu’ils ne le pensent. Aujourd’hui on peut noter une opposition entre le cinéma Hollywoodiens, dit classique, grand amateur de clichés et le cinéma plus indépendant moderne qui tente de sortir des clichés afin de créer une image d’art perturbant le spectateur en troublant ses habitudes.

De plus, depuis quelques années, on note un tentative de parodie du cliché. Une question alors se pose : « Peut-on réellement supprimer un cliché en le parodiant ? Certes parodier un cliché ne le tue pas mais il est possible de le dénoncer en le parodiant. Le cliché perd alors de sa force.

Le cliché est un fait présent et conséquent au cinéma, mais mieux faut-il encore en rire que le laisser nous envahir.

Cette vidéo du Studio Bagel est un exemple de la parodie du cliché.

L’individualisme postmoderne

En classe, nous avons discuté du passage d’une société moderne vers une société post-moderne évoqué par Lipovetsky. Il nous expose une société actuelle où la sphère publique tend à devenir privée et où la consommation omniprésente crée « l’ère du vide ».

Dans cette société post-moderne, les valeurs sont centrées sur la liberté de l’individu, le respect de la personne humaine. On a le besoin de donner du sens à ses actions, se sentir utile au sein de la société. Pour Lipovetsky, on a une mise en pratique du principe d’autonomie dans des appartenances de groupe. On arrive à une nouvelle forme d’individualisme : le narcissisme. Elle entraîne une nouvelle valeur morale qui est l’épanouissement individuel dont le moyen d’y parvenir est la consommation. Ce passage dans une société hédoniste entraîne :  « la légitimation de l’expression de soi, au droit à l’individu à se gouverner lui-même, à vivre pour lui-même ». On veut plaire et se plaire.

Activité centrale de la post-modernité, la consommation est le moyen de contact entre les individus mais aussi le moyen de les différencier. Les produits de consommations se basent aujourd’hui sur l’hédonisme, principalement illusoire, où le plaisir absolue recherché et désiré entraîne une consommation sans fin de la nouveauté.